Romain Boulay - Verticale Monade
Du 26 juin au 30 juillet 2010.
Vernissage le samedi 26 juin à partir de 18h
«Mon travail artistique a commencé par la peinture.
Ma démarche picturale s’inscrit dans le champ d’une « matériologie de la couleur », autrement dit, elle investit les
questions du support, de la frontalité et de la spatialisation dans un dialogue permanent de la peinture et l’architecture.
Il s’agit de révéler le tableau dans sa dimension d’objet, d’élément modulaire, de signe et, enfin, de sculpture à part
entière. Le constat d’origine est simple : la peinture est une excroissance sur un mur. C’est cet espace, cette distance
du mur au plan de la peinture qui m’a amené à une réflexion sur la production formelle contemporaine.
L’abstraction qui peut qualifier mon travail se fonde, paradoxalement, sur l’importance que j’accorde à la matérialité
la plus concrète du « tableau ». En d’autres termes, la forme est le fond, la matière est le sens. J’ai toujours construit
mes châssis, et souvent passé plus de temps à la production de ce qui forme la peinture dans sa structure - que l’on
peut nommer squelette de la peinture - et si peu de temps à peindre (mes premières peintures ne prenaient que quelques
secondes). Dans ce temps de construction, j’ai pu réfléchir sur la constitution même de l’oeuvre : ses matériaux.
Réfléchir voulait alors dire : revenir à la matière. Réfléchir sur la peinture aboutit à revenir au bois, aux vis, à la toile.
Aux outils aussi.
De ces réflexions, la sculpture est apparue naturellement dans mon travail, en déplaçant la question du plan. J’ai donc
peint en volume, en démultipliant les plans et, ce faisant, en décollant la peinture du mur pour créer une nouvelle
distance à la chose peinte. Mon but n’est pas tant de faire passer la peinture pour de la sculpture mais de définir une
distance, de créer de nouvelles relations entre la peinture et le volume, l’oeil et la lumière. […].Mes constructions dans
leur ensemble visent à montrer de l’invisible, cherche à rendre visible ce qui porte le visible. […]. De cette manière je
fais de la peinture, de la sculpture, de l’installation et de l’architecture qui s’adresse à nos corps et interroge notre oeil
dans sa puissance de dévoilement du réel et de construction du monde. […].»
Romain Boulay opère ainsi un déplacement de l’appréhension bidimensionnelle et traditionnelle du tableau vers les
trois dimensions, sur un mode distinct du minimalisme. Ce n’est en effet pas vers l’objet que tend sa pratique, […]
mais vers une compréhension et une exploration du tableau comme un volume et un lieu qu’habite le regard […] et
plus récemment, le corps des spectateurs (dans les sculptures-installations et les déploiements architecturaux de son
travail).
[…]Dans un contexte plus général, cette démarche prend place auprès des formes les plus sophistiquées de réflexion
sur les lieux de la peinture, menées notamment aujourd’hui par des artistes tels Gerwald Rockenschaub, Miquel Mont
ou Peter Vermeersch, où la peinture s’effrange avec d’autres médiums et dimensions (sculpture, architecture, installation)
au bénéfice d’une augmentation de l’expérience sensible.*
*Extrait du texte de Tristan Trémeau pour l’exposition Number seven, à la galerie Sebastien Ricou à Bruxelles, 2010.
Exposition réalisée avec le soutien :
Du Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC des Pays de la Loire,
du Conseil Régional des Pays de la Loire, du Conseil Général de Loire-Atlantique,
de la Ville de Nantes, du restaurant Les Chemins d’Alexandre,
et de l’agence de communication B System.